Et oui, on ne finit plus d’inventer !! Hier soir aux nouvelles, une femme qui a été violée parlait de cette petite pilule miracle. En fait cette pilule ne fait pas oublier le souvenir en tant que tel, mais fait oublier/atténuer la mémoire émotive de l’évènement. Donc comme la femme disait, le souvenir reste, on sait que c’est arrivé à nous, mais on ne ressent plus rien …
Mon Dieu que je suis ambivalente à ce nouveau médicament. Naturellement, ce médicament sert pour les personnes ayant subi un gros traumatisme tel qu’un viol, accident d’auto, agression violente ou autres. Donc au lieu de prescrire des anti-dépresseurs qui n’ont pas vraiment d’effet sur les posts-traumatismes, ce médicament viendrait en aide à ces gens.
Je suis à la base contre toute médication surtout en ce qui a trait à l’aspect psychologique d’une personne. Bien sûr, parfois ils sont inévitables à la santé et à la sécurité des gens, mais je trouve que les médecins ont dont la prescription facile !! Soyons honnêtes, les antis-dépresseurs ne valent rien si le problème n’est pas réglé à la source, donc par un suivi psychologique. Je connais des gens qui prennent des antis-dépresseurs depuis plus de 20 ans et n’ont pourtant jamais eu de thérapie quelconque ou autre aide psychologique !
Il est certain qu’un traumatisme comme un viol prend du temps avant qu’une personne puisse réussir à “bien” vivre avec le souvenir. Mais l’effacer, le camoufler, est-ce vraiment une bonne solution ?? Peut-être … Mais je reste quand même avec le doute. Le doute que ce soit comme de mettre un “plaster” sur une plaie ouverte et que cette plaie ne cicatrise jamais et reste donc bien vulnérable. Et si cette pilule réussie à faire “oublier” ce souvenir, n’y a-t-il pas de risque à toucher à d’autres souvenirs à long terme ?? Selon les études non, mais on sait ce que ça vaut les études parfois …
Pour tous les détails, vous pouvez aussi consulter l’article ici.
Je me demande si les patients sont “contents” du traitement… Comment est-ce qu’on peut arriver à bien vivre en se disant “J’arrive à repenser au viol dont j’ai été victime sans éprouver d’émotion”?
Je comprends que vivre avec le stress post-traumatique n’est pas une situation enviable. Je comprends que leurs vies sont perturbées, pour ne pas dire détruites. Ce que je ne comprends pas, c’est qu’en plus d’avoir été violées physiquement (par exemple) on cherche maintenant à leur enlever tout intégrité émotionnelle! Pourquoi?
Je ne suis pas dans la situation, mais je me demande si j’accepterais de voir ainsi ma révolte, mon angoisse, ma douleur “bafouées” comme si c’était des réactions anormales. Ça ne serait pas plus normal de leur offrir le soutien psychologique adéquat? Chercher une pilule pour “atténuer la douleur émotionnelle”, c’est reconnaître le problème: pourquoi ne pas lui appliquer la solution qu’on SAIT être la bonne?!
Je ne comprends juste pas.
Chère Vegekat,
J’aimerais élargir un peu le débat…
Je considère que les gens devraient avoir la liberté de faire ce qu’il leur plaît, si cette liberté n’entrave pas la liberté des autres.
Ce principe ne devrait pas souffrir d’exceptions… si la personne est vraiment “libre” (c’est à dire, consciente de ses actes). J’ignore comment déterminer ce qui est pathologique, évidemment.
Par exemple, si quelqu’un trouve que sa vie ne vaut pas la peine d’être vécue, pourquoi le punit-on s’il survit à une tentative de suicide? On peut essayer de le comprendre, de le convaincre ou de l’aider, évidemment. Mais il me semble qu’on n’a pas le droit de décider à sa place.
Il en va de même avec toutes les “pilules de bonheur”. C’est au patient à choisir s’il les veut ou pas, s’il veut un “suivi psychologique” et/ou une médication. Ce n’est pas à des médecins ou à la famille de décider le bonheur des gens malgré eux.
Pourquoi en cas de soins palliatifs, le patient ne pourrait-il pas décider lui-même quand il a assez souffert?
Amitiés
Chère Vegekat,
Quand j’écris qu’on peut essayer “d’aider”, je pense “aider à résoudre le problème”, pas à se suicider, évidemment!
Mais tu avais compris, évidemment…
Amitiés
Hum! Ça me semble assez particulier comme innovation…
Je ne peux m’empêcher, moi aussi, de me demander comment ils peuvent arriver à n’affecter que les souvenirs que l’on souhaite “oublier”…
Faudrait avoir des commentaires de gens qui ont subis un trauma pour savoir ce qu’ils / elles en pensent..
Malika : Je suis totalement en accord. Si on prenait le temps de soigner psychologiquement ces gens plutôt que de les bourrer de pilules, il me semble qu’on les aideraient pas mal plus !!
Armand : Oui oui, j’avais bien compris que le but n’était pas de les aider à se suicider !!
Je comprends ton point en lien avec la liberté des gens. Mais le problème est que la médication est la solution la plus facile pour les médecins et donc c’est tout de suite vers ça que les médecins dirigent les patients. Pourquoi choisir une solution qui ne règle pas le problème à la source et donc seulement à court terme ? Bien sûr, plusieurs auront envie d’aller vers la solution rapide et facile des médicaments plutôt que de devoir suivre une thérapie et ressasser tout le traumatisme, mais le but est de les “guérir”, pas de les endormir …
Zabie : Il semble que le cerveau traite différemment le souvenir d’un traumatisme versus un autre souvenir. C’est donc de cette manière qu’ils seraient capable d’isoler ce souvenir. Mais bon, il me semble que ça fait quand même peur.
Bleue : Effectivement, il serait intéressant d’avoir le point de vue de victime de traumatisme. Par contre, sans entrer dans les détails, j’ai dû passer à travers un traumatisme et même si après plusieurs années j’ai encore des séquelles, je préfère de beaucoup avoir eu de l’aide psychologique et avoir appris à vivre avec, plutôt que d’avoir camouflé ce souvenir …
hum… serait long à commenter celui-là !
J’ai mon opinion là-dessus et sans doute tu ne la partageras pas.
Notre société accepte que le foie, le pancréas, le coeur, les reins ou encore la visicule biliaire ait des ratés au niveau de leur fonctionnement mais dès qu’on fait appel au cerveau alors là… tabou.
Je suis de celles qui prennent des anti-dépresseurs à très faible dose et probablement pour la vie, parce que d’une part je suis une anxieuse et d’autre part parce que je viens d’une famille génétiquement fuckée. Si la prise de médication selon une posologie adaptée à ma situation me permet d’être fonctionnelle dans la société je vais les prendre parce que pour moi c’est préférable. J’ai bien essayé de cesser tout et crois-moi la folie ne prend pas de temps à regagner le terrain.
J’ai tellement hâte que les préjugés s’estompent.
C’est chimique le fonctionnement du cerveau…
On pourrait en jaser longtemps
Juliette : Ah effectivement on pourrait en jaser longtemps, serait plus facile en personne que par écrit d’ailleurs !!
Oui, je dois malheureusement l’admettre, j’ai un préjugé envers les anti-dépresseurs … En fait, je n’ai rien contre le fait qu’une personne en prenne, si elle a au moins fait un cheminement psychologique et, que malgré ce cheminement elle n’arrive pas à fonctionner.
Je reste convaincue qu’il y a plusieurs personnes qui pourraient se passer de médication si elles réglaient leurs problèmes à la source au lieu que de juste mettre le fameux plaster dessus. Car on le sait, malheureusement nos troubles de “comportement” partent à la base par tout notre bagage d’enfance. Il est très rare de voir une personne ayant eu une enfance merveilleuse obligée de prendre des anti-dépresseurs à vie ! Il est donc clair pour moi que le problème part du psychologique plutôt que du physique.
Ceci étant dit, je comprends par contre très bien qu’on ait pu “fucker” un enfant au point qu’il ne puisse s’en remettre jamais totalement et que la médication soit le seul remède efficace. Mais si je me fis aux personnes alentour de moi, il serait possible de les aider autrement que par ces anti-dépresseurs. Seraient-elles capable de fonctionner sainement sans anti-dépresseurs par la suite ? Peut-être que non, mais elles auraient au moins réglé quelques comportements qui empoisonnent leur vie.
Bref, si j’ai effectivement un préjugé, je ne suis pas totalement fermée et j’espère surtout ne pas t’avoir blessé …
non pas choquée du tout.
Juste que ce que je pense c’est que c’est plus que comportemental quand je parle de génétique je parle de physiologique.
Ah le vieux débat…
Difficile de répondre tant chaque situation diverge de l’autre…
J’avais moi aussi un a priori assez dur sur les AD. Jusqu’à ce qu’ils me sauvent la vie, ou presque…
Ce n’est pas la panacée, on est bien d’accord. Et s’il y a d’autres moyens moins invasifs, ok. Mais en l’occurence, je n’ai jamais trouvé LE psy qui m’aiderait vraiment à avancer. Donc ce que je pense, c’est que ça peut être une aide transitoire très importante, primordiale même au moment d’un traumatisme, ou lors de difficultés psychologiques trop importantes pour être réglées rapidement par une aide psychologique ou psychiatrique.
J’ai lu le commentaire de Juliette, et je suis bien d’accord aussi avec sa façon de voir les choses. Il ne faut pas uniquement voir les AD comme un écran de fumée que l’on met sur une blessure. Ca serait effectivement oublier l’aspect chimique du fonctionnement du cerveau.
Quant aux prises en charge psy-quelque-chose….. Ben comment dire….. S’il y a 10 % de compétents parmi tous ceux qui exercent dans ce cadre, je pense que c’est beaucoup. Ca reste mon avis, mais je ne le base pas que sur ma propre expérience.
Souvent, ils cachent leur incompétence derrière des excuses débiles, genre : une psychanalyse, parfois, il faut des années avant qu’elle ne commence à produire ses effets… Mouais… Je veux bien que ça ne marche pas tout de suite, qu’il faille perséverer plusieurs mois avant de constater quoique ce soit (dans un sens positif ou négatif). Mais je pense surtout qu’ils s’abritent derrière cet argument pour ne pas avoir à justifier les très nombreux échecs de toutes les thérapies entamées.
Caro : Je suis tout à fait d’accord avec la prise d’anti-dépresseurs pour une période transitoire. Je sais que parfois c’est la seule solution à court terme. Le problème que je trouve vient plutôt du fait qu’ils sont à mon avis prescrit souvent beaucoup trop rapidement, sans même regarder d’autres alternatives. Je peux te garantir que si demain matin je vais à la clinique en pleurant, en disant que je suis complètement à bout, que ma vie est un calvaire et que je n’en peux juste plus, je ressorts à coup sûr avec un arrêt de travail et une prescription d’anti-dépresseurs !!
Alors voilà la raison pour laquelle j’ai des réticences face à ça. Pour ce qui est du côté physique, je ne suis pas vraiment convaincue non plus. En fait je crois que certaines personnes peuvent effectivement avoir des prédispositions physiques, mais jusqu’à preuve du contraire, toutes les personnes que j’ai connues qui devaient malheureusement prendre des anti-dépresseurs à vie ont eu une enfance et une famille assez disfonctionnelles, ce qui fait bien sûr qu’il peut y avoir des dommages à vie.
Je n’ai jamais rencontré de personne qui avait eu un parcours de vie facile qui était pris avec cette médication à vie. Voilà la raison pour laquelle je crois que le problème part toujours par le côté psychologique et qui automatiquement a des répercussions sur le côté physique.
Par contre, je ne juge aucunement les personnes qui prennent les anti-dépresseurs. Ceux que je juge, sont les médecins qui les prescrivent trop rapidement et sans autre soutien.
Ah ben oui, alors on est tout à fait d’accord
[...] бавно, Хора разни Прочетох преди време при Vegecat за това научно откритие. Не е новина, хапчето е открито [...]
Perso, j’ai vécu certains traumatismes ( violence) et je n’aurais pas voulu qu’une pilule vienne altérer mes émotions, souvenirs, réactions.
La colère qui a suivi le choc et la peine, la peur etc, la colère donc, m’A servi de moteur pour m’en sortir et refuser d’y retourner.
Ce genre de pilule me fait trop penser au bouquin ‘Le meilleur des mondes”…
Mais c’est un choix personnel, of course.
Milou : Je ne connais pas le livre “Le meilleur des mondes” … Tu m’intrigues !! Mais bref, je suis d’accord avec toi, je n’aurais pas voulu qu’on m’enlève mes émotions, pour des raisons semblables aux tiennes.
Bonjour, je fais des recherches sur la memoire dans le cadre de mes études, je n’avais jusqu’alors jamais entendu parler d’une telle pillule , pouvez vous me donner un coup de pouce, donner un nom à cette pillule ? d’avance merci. Cédric.
Jean-Baptiste : Je m’y connais pas, c’est suite à cet article paru que j’ai écris ce billet. Voici le lien, si ça peut t’aider :
http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2006/02/03/001-percee-mcgill.shtml