Plusieurs personnes ici me lisent depuis un bon bout de temps et on ne se connaît que virtuellement. J’imagine que tout comme moi lorsque je vais chez vous, vous vous êtes faite un peu une opinion sur moi, vous avez un peu l’impression de me connaître, vous avez une image mentale de ce que je peux avoir l’air et du style de vie que j’ai. Alors vous m’appréciez pour mes écrits, mes pensées, mes opinions, sans pouvoir vous baser sur mon allure, mon travail ou encore mon de mon niveau de vie.
Mais qu’en serait-il de votre appréciation de mes écrits si vos impressions sur moi n’étaient pas les bonnes ? Si vous appreniez que je n’ai même pas mon secondaire 5, que je travaille comme plongeuse au salaire minimum depuis 7 ans, que j’ai un énorme surplus de poids qui fait que je me traîne difficilement et que pour finir, j’ai une petite tendance à la boisson ?
Votre opinion resterait la même ? Il est clair que non, peu importe que vous ayez le jugement facile ou non !! J’ai longtemps crié haut et fort que la beauté, la richesse et le statut n’étaient pas des critères de réussite ou non. Et pourtant … Force m’est d’admettre que si tout ce que je viens de vous écrire était vrai, mes opinions et idées auraient soudainement moins de poids, moins de crédibilité et moins d’intérêt à vos yeux.
C’est un constat que je trouve très difficile d’admettre, puisque je suis une personne de nature très ouverte aux gens et qui s’efforce de ne porter aucun jugement gratuit. Mais la réalité est différente, je me dois d’être honnête, malgré tous mes beaux principes, il m’arrive aussi de porter des jugements …
À mon travail, j’ai eu une conversation avec le “gars du ménage” comme on l’appelle. Je ne l’ai jamais “snobé” par le travail qu’il effectue et je l’ai d’ailleurs toujours apprécié. En fait, je n’ai jamais eu aucun préjugé sur lui, favorable ou défavorable. Je le trouvais gentil point. Je savais qu’il devait être Hispanique dû à son accent, qu’il avait à peu près mon âge selon ce qu’il avait l’air et c’est à peu près tout !! Mais aujourd’hui, nous avons jasé un peu plus longuement et j’en ai appris plus sur sa vie.
Il est au Canada depuis seulement 4 ans. Il est arrivé ici, ne parlait ni français, ni anglais !! N’avait aucune famille autre que son fils de 5 ans avec qui son ex avait décidé d’émigrer au Canada 2 ans plus tôt. Il a fait un certificat à l’université de Montréal. Travaille 7 jours sur 7 dans le but d’amasser le plus d’argent possible afin de pouvoir s’ouvrir une entreprise à lui. Il a perdu tout contact avec ses amis du Pérou suite à son déménagement ici, non pas parce qu’ils l’ont délaissés, mais bien parce qu’il avait honte de dire ce qu’il faisait comme travail au Canada … Il a préféré ne plus leur donner de nouvelle …
Parce que devenir “gars de ménage” quand t’étais représentant pharmaceutique avec un gros salaire et un haut niveau de vie dans ton pays natal, l’orgueil en prend un coup et les préjugés ne font qu’empirer cette honte. Il m’a dit : “Ce n’est pas toutes les personnes qui, comme toi prend le temps de me dire bonjour avec un sourire ; pour plusieurs, je ne suis que le gars de ménage !! Et c’est pas pire ici, c’est aussi comme ça dans mon pays ! C’est normal …”
Ça m’a bouleversé et choqué. Et je lui ai dit à quel point il ne devait pas avoir honte, mais qu’il devrait plutôt être fier de ce qu’il a accompli !! Apprendre parfaitement le français, un peu l’anglais, suivre un certificat, travailler et gagner honnêtement sa vie, avoir des buts, c’est bien plus que beaucoup de personnes ici !!!
Alors voilà, il n’y a pas de morale à cette histoire, je voulais juste vous la raconter parce qu’elle m’a touchée. Et aussi pour me rappeler que si je n’avais aucun préjugé particulier envers lui à la base, il reste que je ne suis pas à l’abri d’en avoir pour d’autres situations …
J’ai beaucoup de mal avec les préjugés, en particulier ceux qui sont de nature sociale et/ou ethnique.
Les préjugés nous ferment sur le monde, sur les différences, sur la compréhension d’autrui.
Il faut un sacré courage pour laisser tout ce qu’on a derrière soi et se rebâtir une vie ailleurs, dans un pays qui nous est inconnu, tout autant que la langue qu’on y parle.
Que je les admire ces gens-là !
Bpco : Oui, moi aussi j’ai beaucoup d’admiration pour ces gens-là !! Pas sûr que j’aurais le courage de partir comme ça sans rien avoir au bout qui m’attends …
Chère Vegekat,
Je préfère parler des blogs que de la vie réelle.
On peut essayer de faire croire qu’on a un diplôme universitaire et ne pas savoir écrire trois mots de suite sans faire de fautes. Personne n’est dupe… mais il est de bon ton de ne pas le faire remarquer (hypocrisie)!
A contrario, on peut avoir un boulot peu valorisant, mais être cultivé et ne pas le dire tout de suite. Certains lecteurs le remarquent aussi.
Exemple (mis comme “website” pour qu’il soit accepté par WordPress):
La dame n’avait pas pensé (au départ) à indiquer son DEA alors que son blog lui sert aussi à trouver un emploi…
Je n’ai jamais cru aux diplômes, mais ils sont parfois des “prérequis” à l’embauche.
Conclusion:
“Fixe une matraque à une loque, beaucoup diront que c’est un drapeau.”(Stanislaw Jerzy Lec)
Amitiés
P.S. Son livre de la “caissière” se vend bien. Certains l’ont même trouvé au Canada!
Je voulais dire “Le livre de la caissière…”, évidemment
Je suis comme toi, Vegekat, je m’efforce de ne porter de jugement envers personne…
C’est bizarre que tous deux ayons choisi cette voie puisque ce n’est pas celle-là qu’on nous a montrée à la maison… mais bon.
Toujours est-il que moi aussi, j’ai beaucoup de difficultés avec les préjugés. Je trouve que ton “gars de ménage” est très courageux et très fort. Sans même le connaître, je lui souhaite très sincèrement qu’il réussira à bâtir son entreprise… il le mérite.
Pour ma part, en lisant les aspects que tu donnais, comme ta scolarité et cie, moi ça me donnais simplement d’avantage le goût de lire ton blog !
Pour ma part, je ne cherche pas des gens parfait, qui sont “standardisé” mais bien des gens avec des idéaux et des façons de voire les choses propres à eux même et qui n’ont pas peur de s’exprimer.
Et je crois que le Blog pousse les gens a le faire peut importe son apparence, son métier ou autre.
Donc, moi de même, considère que les préjuger devrait prendre moindre place dans notre société.
C’est d’ailleurs pourquoi j’avais autre fois travailler à écrire une pièce de théâtre pour en défaire quelques uns.
Aussi, pour les intéresser, le spectacle de Guy Nantel en raconte justement grandement à propos des préjuger, si cela vous intéresse, faites vos recherche !
À mon CEGEP, les employés de soutien me disaient que plusieurs professeurs ne les saluaient même pas! C’est plate, mais moi je ne serais pas capable de faire mon boulot si je n’avais pas un tableau propre, des craies, un rétro et un canon qui fonctionnent… Et je suis vraiment contente que quelqu’un s’occupe de ces aspects-là!
J’ai été pendant les 2 premieres années a mon emplois (un hopital de Montréal), préposé a l’entretien ménager. Je n’avais pas de poste, mais je remplacais les gens en congé maladie ou en vacances. Un jour j’ai eu un remplacement qui dura 3 mois. Aucune infirmiere, aucun docteur, aucun preposé au beneficiaire (sauf 2) m’ont adressé la parole. Pendant 3 mois!!!!!
Un jour, j’ai pu remplacer comme commis de bureau… et oh! surprise, je dus remplacer dans le meme département que je venais de “torcher” a la sueur de mon front. J’arrive un matin habillé en civil, ayant laissé tomber mon uniforme de “gars du ménage”, la plupart des infirmières se sont présentés, quelques docteurs (ceux qui auraient besoin de moi eventuellement) m’ont saluer et se sont présentés. J’ai heureusement été commis de bureau seulement 1 semaine dans ce département, mais je suis rester commis de bureau. Je me suis promis de saluer et SURTOUT de sourire aux gens de la salubrité le plus souvent possible.
Armand : Effectivement, il est plus facile de faire croire bien des choses dans le monde virtuel. Par contre de nos jours, il n’est pas rare de voir un jeune diplômé d’université qui fait une faute au trois mots !!! Donc voilà un autre préjugé à bannir !!
Pour le livre, je connais le livre “Les tribulations d’une caissière” qui est sorti en début 2008 ou fin 2007 je crois. Est-ce le même livre ?? En tout cas, le sujet doit être le même !!
L’Intrigante : J’imagine que c’est notre esprit de rébellion qui a fait que nous ayons décidé de ne pas suivre ces traces … Ou le fait d’en avoir un peu “souffert”, donc dans nos têtes d’enfants, on se promet de ne pas faire pareil !!
Js : Ah ! Je trouve ça intéressant le fait que ce que j’avais énuméré t’aurais donné encore plus le goût de me lire … Et bien tant mieux !!
Et tu as raison, le phénomène des blogues pousse les gens à donner leurs opinions, sans être de prime abord catalogué selon ce qu’ils font ou de ce qu’ils ont l’air. Par contre, à plusieurs reprises j’ai vu des commentaires vraiment blessant sur des blogues dont le français était déficient. Certaines personnes les ramassaient sans ménagement … Je trouve ça dommage, comme quoi les préjugés font aussi partie de la blogosphère !!
Malika : Exactement !! Non seulement ces gens qui font ce genre de métier méritent notre respect, mais c’est qu’en plus, sans eux, on ferait dur pas à peu près !!!
daLLany : Je trouve ça tellement triste et, honnêtement écoeurant comme situation. Et le pire, c’est que je ne suis même pas surprise !! Je suis même persuadée que ces médecins/infirmières n’ont même pas fait le lien entre toi commis de bureau et toi gars de ménage !! Tu étais juste transparent avant !!
C’est vraiment déplorable … Alors oui, c’est une belle promesse que tu t’aies faite !
C’est drôle que tu écrives une histoire du genre car comme toi je m’arrête et je prends le temps.
AA m’apprends à. Parce que c’est des éclopés et des miraculés en même temps.
Les gens que j’ai croisé dans ma vie m’ont appris à c’est pour ça que j’ai de la difficulté avec ceux qui jugent et condamnent tout le temps… mais se faisant je fais exactement comme eux
Juliette : C’est difficile de ne jamais jamais porter de jugement … Mais j’imagine que le fait d’en être conscient aide à éliminer ce petit comportement malsain que nous avons tous un peu en nous !!
Chère Vegekat,
Les tribulations d’une caissière est bien le titre du livre paru il y a un mois. Elle en parle dans son blog.
Pour les fautes de français chez les universitaires, je crois que c’est le résultat de la dévaluation des diplômes.
Flaubert disait: “Orthographe: Y croire comme aux mathématiques. N’est pas nécessaire quand on a du style.”
Mais Flaubert ne disait pas de quel style il parlait: vraie littérature ou manuel de montage IKEA!
Amitiés
P.S. Il existe aussi des personnes qui ne sont même pas capables de faire une règle de trois! Pourtant cela s’apprend en troisième primaire si je me souviens…